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Roland Bréjon

Vive la vie ! "Mon royaume tout entier est de ce monde" (Albert Camus)

Roland Bréjon

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5/26/2009

L'horloge mondiale (statistiques en temps réel)

Allez consulter l'horloge mondiale :
c'est réellement impressionnant !
http://www.worldometers.info/fr/  
5/21/2009

Alors, souvenirs d'Afrique ?

ça fait vraiment trop longtemps que tu es en Afrique quand... 
- Tu trouves qu'il fait froid dès que le thermomètre descend 
en dessous de 25°C.
- Tu ne t'arrêtes plus au stop et tu as oublié ce qu'était un 
clignotant. 
- Tu bois de la bière comme d'autres boivent du café.
- Tu trouves normal que quelqu'un te porte tes courses jusqu'à
 ta voiture.
- Tu ne t'étonnes plus du nombre de chèvres-cochons-chiens qui 
traversent la route.
- Tu essayes de tout négocier, même le prix du vin au restaurant.
- Tu as peur de te faire marabouter.
- Tu possèdes 3 portables, un par réseau GSM.
- Tu commences à sortir ton portefeuille dès que tu vois une 
voiture de flics. 
- Tu appelles les serveurs en faisant « pssst ».
- Tu salues quelqu'un en lui disant « on dit quoi ? c'est comment ? ».
- Tu connais la chorégraphie du dernier tube de coupé-décalé 
(saute-mouton, petit vélo). 
- Tu achètes tes chaussures dans la rue.
- Tu mets du piment partout.
- Tu fais grigri pour qu'il ne pleuve pas le jour de ta soirée 
barbecue. 
- Tu dis « hahaaaan » pour montrer que tu as compris. 
- Tu ne mets plus que des tongs en plastique.
- Tu ne réagis plus quand le policier t'amende pour « non possession
 du triangle » dans la voiture et non parce que vous êtes 10 dans 
une voiture 5 places.
- Tu réponds « C'est ça ! » pour montrer que tu es foncièrement 
intéressé par ce que les gens te disent.
- Tu marches pieds nus dès que tu peux.
- Tu manges du Ndolé, de la boule, du tcheb' et du foutou. 
- Tout le monde est ton cousin ou ta cousine.
- Tu connais 7 Idriss, 5 Moussa, 12 Awa, 4 Narcisse, 6 Hyacinthe, 
14 Jean de Dieu... et 1 FêtNat.
- Tu mâches de la cola dans les bouchons centre ville.
- Tu achètes un fer à repasser, des guirlandes de Nöel ou un 
perroquet du Gabon au feu rouge dans ta voiture. 
- Tu connaissais Magic System et Sagacité 5 ans avant le reste 
du monde. 
- Tes expressions sont : "quitte là", "y a quoi?!", "c'est quoi même"
et "naka parlé
seulement".
- Quand tu as vécu un rapatriement, un coup d'état, ou une pénurie 
de Nutella dans les supermarchés! Et que pour toi, la différence 
entre ces événement est nulle !!! 
- Ta chaîne hifi, ta télé et tous les autres appareils électriques 
ont sauté à cause d'une coupure d'électricité.
- Tu sais allumer un groupe électrogène. 
- Quand il pleut, tu cours sous la pluie en criant car oui, 
il faisait chaud et que oui, ça fait du bien. 
- Quand tu te baignes dans une piscine à 30 degrés. 
- Quand tu vois un lézard, tu dis "ouais, ben t'as pas vu un 
margouillat". 
- Quand tu te dis que les grillons ont envahi ta chambre tellement 
ça t'empêche de dormir.
- Quand tu a mis des bougies et allumettes partout chez toi au cas 
où il y a délestage de courant.
- Quand t'allumes Canal + à la télé et que t'espères voir une pub 
africaine genre Castel Beer. 
- Quand tu te lèves le matin pour aller travailler et qu'il fait 
jour à cette heure toute l'année.
- Quand tu cries dans ta salle de bain car t'as mis l'eau froide 
mais qu'elle est bouillante à cause des tuyaux exposés au soleil.
- Quand maintenant tu vois une grosse bête, tu ne cries pas mais 
deviens "warrior" et tu la pulvérises d'un coup de claquette ! 
- Quand on te demande un nom d'animal commençant par C et que 
tu dis chameau et par M tu dis margouillat. 
- Quand à la saison des pluies tu trouves normal de te déchausser 
et relever ton bas de pantalon avant de sortir de ta bagnole.
- Quand tu palabres avec le chauffeur de taxi, la caissière au 
supermarché, le gars assis sur un banc à côté, etc..
- Quand tu as déjà pris un taxi où on voit la route à travers 
le plancher. 
- Quand tu es déjà rentré à 9 dans un taxi.
- Quand tu as plus tendance à t'étonner quand une mobylette 
s'arrête au feu rouge(quand il y en a!) que quand elle le grille.
- Quand tu divises au minimum le prix par trois quand tu veux 
acheter quelque chose.
- Quand en descendant de l'avion, tu sens la chaleur étouffante te 
prendre, et tu te dis que y a rien à faire, l'Afrique t'as manqué !
- Quand tu trouves pas ça bizarre du tout que le coq chante à midi.
- Quand tu marches pour aller chez les voisins ou un peu plus loin 
et qu'arrivé là-bas tu as les pieds couverts de poussière. 
- Quand t'as connu les vents de sable qui arrivent d'un coup et 
qu'il fait soudain noir (de sable) à 14 heures. 
- Quand tu t'es déjà fait poursuivre par une pintade dans la rue.
- Quand tu dois arrêter ta bagnole parce qu'un troupeau de vaches 
ou de moutons ou de chèvres traverse la route en pleine ville.
- Quand tu as déjà mis des pulls quand il fait 20°c.
- Quand t'as au moins 3 potes qui viennent manger chez toi 
chaque jour. 
- Quand t'as déjà bu du bissap et mangé des gingembres glacés.
- Quand la première chose que tu fais en sortant de chez toi 
le matin, c'est de sourire en regardant le ciel.

5/8/2009

La théorie du mouton

Un troupeau de moutons ne peut se déplacer qu'à la vitesse du mouton le plus lent.

Quand le troupeau est pourchassé, ce sont les plus lents et les plus faibles qui sont attaqués en premier.

Cette sélection naturelle est bonne pour le troupeau en général, parce que la vitesse du troupeau augmente à mesure que les plus lents et les plus faibles sont éliminés.

De la même façon, le cerveau humain ne peut fonctionner plus vite que ses cellules les plus lentes.

Comme on le sait aujourd'hui, la consommation d'alcool détruit les cellules du cerveau.

Naturellement ce sont les cellules les plus lentes et les plus faibles qui sont détruites en premier.

On peut donc en déduire que la consommation d'alcool élimine les cellules les plus faibles, rendant ainsi notre cerveau de plus en plus performant.

Ce qui explique pourquoi on se sent toujours un peu plus intelligent après quatre ou cinq apéros.
4/18/2009

Code du travail révisé 2009

Nouvel Accord d'Entreprise

1. Absence pour maladie
Nous n'acceptons plus de certificats médicaux en tant que preuve d'une maladie. Si vous êtes capable d'aller chez le médecin, c'est que vous êtes capable d'aller au boulot.

2. Chirurgie
Les opérations sont désormais interdites. Aussi longtemps que vous serez employé ici, vous aurez besoin de tous vos organes. Nous avons signé un contrat lorsque vous étiez intact et une ablation quelconque constituera un manquement grave à votre contrat.

3. Vacances
Chaque employé aura droit à 104 jours de vacances par an. Ces vacances seront appelées samedi et dimanche.

4. Absence pour raisons diverses
Il n'y a aucune excuse pour ne pas être présent au travail: il n'y a plus rien à faire pour vos amis ou proches décédés. Dans les cas rares où la participation des employés est nécessaire, l'enterrement devra être programmé pour la fin de l'après-midi. Nous serons heureux de vous permettre de travailler durant votre pose déjeuner afin de partir une heure plus tôt, si votre travail est terminé.

5. Absence en cas de décès
Dans le cas de votre propre décès, ceci sera accepté comme excuse. Cependant nous avons besoin de recevoir votre préavis au moins deux semaines avant, car il est de notre devoir de vous trouver un remplaçant.

6. Utilisation des toilettes
Trop d'heures sont passées aux toilettes. A l'avenir, nous observerons la procédure suivante:
- chaque employé dont le nom de famille commence par A ira dans la tranche horaire 8h00-8h20. Chaque employé dont le nom de famille commence par un B ira dans la tranche horaire 8h20-8h40, et ainsi de suite.
- si vous ne pouvez pas y aller lors du créneau horaire qui vous est imparti, il sera nécessaire d'attendre le lendemain jusqu'à ce que votre tour arrive de nouveau.
- dans les cas d'urgence extrême, les employés peuvent permuter leur tour avec un collègue.
- en outre, il y a maintenant un délai de 3 minutes à observer strictement dans les toilettes. A la fin de ces 3 minutes, une alarme retentira, le papier toilette se rétractera et la porte s'ouvrira.

7. Pause déjeuner
Les personnes de corpulence maigre disposent d'une heure pour la pose déjeuner, car elles doivent manger davantage afin de sembler en bonne santé. Celles de corpulence moyenne disposent de 30 minutes afin de maintenir leur allure, et les personnes de corpulence forte disposent de 5 minutes : le temps nécessaire pour boire un Slimfast et prendre une pilule de régime.

8. Habillement
Vous êtes fortement convié à venir travailler avec un habillement correspondant à votre salaire.
Si nous vous voyons habillé avec fantaisie, cela signifiera que vous êtes à l'aise et que vous n'avez donc pas besoin d'une augmentation de salaire.

Merci de votre loyauté envers notre société.

Cordialement,
Votre Directeur.

4/16/2009

Une mésaventure malgache (témoignage authentique)

(Avertissement : ceci n'est pas mon histoire personnelle.

Ce témoignage authentique et pathétique est pourtant banal à Madagascar.

Les noms et prénoms ont bien évidemment été changés.)

"Historique de mon mariage avec Olivia.

    " En avril 1992, alors que j’étais en train de passer des vacances à Madagascar, le hasard de la route m’a amené à croiser dans la rue une très jolie femme qui allait être plus tard mon épouse : Olivia. Ma naïveté légendaire ne m’a pas mis en garde sur le fait que n’importe quelle fille du pays serait prête à tout laisser tomber pour aller vivre avec un vazaha (blanc) dans cet eldorado qu’est la France. En ce qui me concerne, j’étais amoureux fou, aujourd’hui, je comprends que cela n’a jamais été réciproque.

    Pendant mon séjour à Tananarive, j’ai tenu à rencontrer la famille d’Olivia bien qu’elle hésitait à me la présenter. Devant mon insistance, elle a fini par céder et à accepter de me faire visiter son lieu d’habitation.

    J’ai vu, au milieu d’un vaste marécage, un amoncellement de pièces de bois surmonté de deux tôles ondulées. La température à l’intérieur de ce bidonville devait avoisiner les 35°C et je ne trouve pas les mots pour décrire l’odeur qui stagnait dans ces deux pièces superposées… mais peu importe, l’accueil est chaleureux et la mère d’Olivia pleine de respect pour l’étranger qui venait s’introduire dans cette modeste masure.

    Avant de passer à table et de manger une bonne pièce de zébu, la maîtresse de maison commence à me faire visiter les lieux et à me présenter tous les enfants qui couraient à droite et à gauche. " Voici mes trois fils, Hubert, Marc et Olivier, voici ma fille Mado qui donne actuellement à manger à son petit bébé d’un an : Andry ". C’était un gros bébé joufflu habillé comme ses oncles de guenilles et de vieilles étoffes. Les commissures de ses lèvres laissaient deviner un repas juste achevé.

    Voilà donc comment cet enfant m’a été présenté pour la première fois…

    …Six mois plus tard, à Paris, je vivais un des plus beaux jours de ma vie : j’accueillais au pied de l’avion ma future épouse et j’enterrais enfin ma vie de vieux garçon (à 28 ans) après de bons et loyaux services dans une multitude d’associations catholiques comme les aumôneries, les colonies de vacances, le scoutisme etc… Le 18 décembre 1992, nous étions mariés pour le meilleur et pour le pire. Nous avons loué une belle villa, mon métier d’opticien me permettait de la voir très souvent puisque je l’amenais régulièrement au magasin dans lequel je travaillais.

    Après beaucoup de patience, le 14 décembre 1995, naissait Rasoa, et ce fut un autre plus beau jour de ma vie.

    Cette adorable petite fille allait faire le bonheur d’un papa gâteau et d’une maman prévenante.

     C’est à cette époque que j’ai eu quelques premières surprises dans le comportement de mon épouse à l’encontre de notre petite fille. J’ai constaté qu’elle l’oubliait régulièrement dans son lit le matin au profit des activités de loisirs, je suis même un jour rentré de mon travail pour constater que ma fille était toute seule à la maison. Une heure plus tard, j’ai vu arriver ma femme en petites foulées de retour de son jogging. Elle m’a affirmé avec placidité que Rasoa était en sécurité à la maison avec une bouteille d’eau et des biscuits ! J’étais pourtant bien convaincu qu’on ne pouvait laisser seule à la maison une petite fille de 6 mois ! Cette irresponsabilité me gênait et me faisait prendre conscience de l’immaturité de ma femme.

     Quelque temps plus tard, alors que nous étions sur le point de nous coucher, ma femme m’annonce en larmes qu’elle avait déjà été enceinte de moi juste avant son départ vers la France. Elle avait fait appel aux services d’une faiseuse d’anges pour mettre un terme à cette grossesse. J’ai été véritablement choqué d’apprendre cela après 4 ans de mariage. Je commençais à découvrir qu’elle était capable de mensonges énormes, et mes soupçons se confirmèrent le lendemain même. En effet, de nouveau à l’heure du coucher, elle m’annonça qu’elle avait été violée deux ans avant notre première rencontre et que de cet acte était né Hubert que je croyais être son neveu !

    Suite à ces deux nouvelles un peu énormes, s’ensuivit une crise conjugale qui allait durer environ 3 mois. Heureusement, nous avons été psychologiquement aidés par nos meilleurs amis (des parents de louveteaux dont je m’étais occupé il y a 15 ans). En outre, j’ai appris à accepter cette situation ainsi que l’enfant qui devait à mon sens rejoindre ses parents pour une vie meilleure (un enfant n’est bien que près de sa mère et de son père) c’est donc sans hésiter que je reconnus officiellement l’enfant.

     Le 18 octobre 1997 fut donc le troisième plus beau jour de ma vie, je partais à Paris pour accueillir notre petit Hubert à l’aéroport. La première fois que je le vis, il était terriblement sale et littéralement désemparé car il se retrouva totalement seul dans un pays qu’il ne connaissait pas au milieu de gens qu’il ne connaissait pas. Je fis de mon mieux pour l’aider à surmonter ce difficile déracinement et au bout de 3 jours, Madagascar n’était plus qu’un mauvais souvenir oublié. La vitesse d’adaptation de Hubert m’avait sidéré. Il ne voulait plus entendre parler de son passé là-bas ! Qu’avait-il dû endurer pour vouloir ainsi faire impasse sur tout ce qu’il avait vécu ?

    Les cicatrices qu’il avait sur les jambes me laissaient penser qu’il avait certainement beaucoup souffert en étant élevé les 6 premières années de sa vie par une grand-mère acariâtre, ivre du matin au soir…

    Quand il commença à bien parler le français, il se confia à moi et m’expliqua que les brûlures de cigarettes étaient l’œuvre de son oncle aîné et de sa grand-mère. " Ils me punissaient quand je n’étais pas sage " m’expliqua-t-il. 

       Les mois passèrent, J nous fit une belle émonstration d’intelligence et fut très vite 1er de sa classe en CP à Montferrier. Les résultats 

scolaires étaient fantastiques, sa mère et moi-même étions très fiers de lui. Toutefois, ce comportement exemplaire n’empêchait pas sa mère de le réprimander chaque soir à l’heure des devoirs et des leçons de l’école. Ces brimades étaient très sévères, elles commençaient par des humiliations " Tu travailles mal, tu n’es qu’une petite fille ! " " Si tu continues comme ça, tu balayeras les rues et tu ramasseras les cacas sur les trottoirs ". " Si tu continues à faire des fautes, tu n’es plus mon fils ! " et cela finissait généralement par des pincements aux bras et aux joues.

    Quand Hubert éclatait en larmes, il était paralysé et perdait tous ses moyens pour répondre à sa mère, les brimades physiques redoublaient alors. Hubert est en permanence terrorisé par sa mère.

     Cela fait maintenant un an que j’assiste impuissant à ces tortures quotidiennes, et cela fait également un an que j’envisage sérieusement le divorce ne pouvant plus supporter la souffrance de mes enfants face à une mère autoritaire et irrespectueuse envers ses enfants.

     Rasoa quant à elle, n’est pas encore punie pour les devoirs et les leçons puisqu’elle est encore à l’école maternelle, en revanche, quand elle n’est pas sage et que les fessées ne suffisent pas, elle se retrouve immédiatement sous la douche froide toute habillée (hiver comme été). En général, ma femme fait cela quand je suis absent, mais un jour j’ai eu la stupeur de la surprendre en pleine action : Rasoa avait le jet en pleine face, elle hurlait de toutes ses forces et avait le visage congestionné tant l’eau était froide !

    Aujourd’hui, je refuse que mes enfants continuent à vivre de la sorte et je ferai tout mon possible pour les protéger, je suis prêt à les défendre jusqu’à ma mort.

     J’ai toujours eu une immense amitié et un immense respect pour les enfants, que ce soit les miens ou ceux des autres, je pense que cela ne changera jamais

     Mais aujourd’hui, pourquoi et comment Hubert s’est-il retrouvé devant une psychologue à dénigrer de façon très grave le père qui l’aime et le respecte ?

     Un jour, entre plusieurs confidences de femmes, Marie (la femme antillaise qui a présenté mon fils à Mme Mercier la première fois) explique à Renée des faits qu’elle juge étranges : " C’est bizarre, ton mari lave les enfants sous la douche, normalement, les pères n’ont pas le droit de faire cela ! " " C’est bizarre, ton mari leur prend la température anale, les pères n’ont pas le droit de faire cela ! " " C’est bizarre, ton mari met des suppositoires à tes enfants quand ils sont malades, les pères n’ont pas le droit de faire cela ! " " Normalement, seules les mères s’occupent ainsi des enfants, tu devrais amener Hubert chez un psychologue… ". Aujourd’hui, Renée est convaincue que j’ai fait mal aux enfants, et ce qui est plus grave, c’est qu’elle a réussi à convaincre mon fils que je lui avait fait du mal.

    Aujourd’hui, je suis convaincu que Hubert est littéralement endoctriné contre moi, qu’il n’a plus aucune objectivité, que je l’ai atteint dans sa pudeur et quand je l’aperçois de loin dans la cour d’école, il ne m’accorde même plus un sourire ! Je pense aussi que Madame Dumas est également responsable de cette situation puisqu’elle a été la première à me qualifier de " sale pédophile " au téléphone.

     Pourtant, la dernière fois que j’ai vu mes enfants (il y a 4 mois), cela s’est passé chez Marie, je suis rentré dans une chambre où se trouvaient mes deux enfants, et Hubert tout content de me revoir, m’a sauté au cou et m’a embrassé avec un très large sourire comme tout enfant de son âge est censé le faire. En revanche, quand je suis reparti le soir, ma femme était juste à côté de lui et là, au lieu de m’embrasser, il m’a serré la main en gardant un visage grave et fermé ! Que signifie cette attitude ?

     Pour faire avancer l’enquête sociale, je pense qu’il va falloir se pencher sur tous les détails de la vérité, tout ce qui a été dit et ce qui n’a pas été dit. Pour obtenir la stricte vérité, mon fils doit être convaincu que ses affirmations seront totalement dénuées de conséquences et qu’en aucun cas sa mère ou son père ne seront au courant.

    En ce qui concerne Rasoa, sa sœur, je suis persuadé que la vérité viendra beaucoup plus facilement car elle n’est pas aussi " modelable " que Hubert.

    Dans n’importe quel cas, je suis sûr qu’il faudra user de beaucoup de tact et de patience pour ne pas les traumatiser.

     Aujourd’hui, je suis toujours en quête de la vérité, et je suis amené à faire traduire les correspondances de mon épouse pour découvrir les terribles faits suivants (je réprouve cette méthode, mais je sais que c’est nécessaire) :

  • elle envoie de l’argent à Madagascar depuis le début de notre mariage (à mon insu).
  • elle était prostituée et fréquentait les trottoirs de Tananarive en compagnie d’une certaine Nelly avec qui elle correspond régulièrement.
  • elle a demandé à sa mère un grigri (utilisés par les sorcières là-bas) pour pouvoir obtenir la garde de Hubert et obtenir de moi ce qu’elle voulait.
  • elle correspond régulièrement (sur Internet) avec deux ex-amants ou ex-clients.
  • elle finance la construction d’une maison à Madagascar .
  • j’ai découvert également que sa grand-mère était malade alors qu’elle m’avait annoncé il y a deux ans qu’elle était morte et qu’elle devait envoyer beaucoup d’argent pour les funérailles…
  • j’apprends également que tous ses courriers sont écrits sur un ton vulgaire et remplis de termes argotiques.
  • 50 pages n’ont pas encore été traduites à ce jour mais je manque de courage pour entendre la suite.

    Le résultat de la tentative de conciliation qui a eu lieu le 11 février dernier est le suivant :

- Olivia est autorisée à résider séparément avec les enfants.

- un droit de garde conjoint pour Rasoa (un week-end sur deux et la moitié des vacances chez le père) .

- un droit de garde exclusif de Hubert (aucune visite pour le père) .

    J’estime la situation actuelle catastrophique dans la mesure où mon fils n’a plus le droit de me voir et qu’il est continuellement manipulé psychologiquement contre son père, il n’a pas eu la possibilité d’entendre la vérité, de plus ma femme déclare à la justice que j’étais au courant de l’existence de cet enfant depuis notre mariage, ce qui ferait de moi le complice d’abandon d’enfant pendant 4 ans.

    J’ai constamment peur que mes enfants soient battus par leur mère tout comme cela se passait avant le début de notre divorce. Je souhaiterais bien sûr avoir le droit de garde de mes enfants, mais si cela s’avère impossible à ce stade de l’enquête, je recherche le moyen de faire garder les enfants par un organisme de l’Etat ou une famille d’accueil qui puisse s’y substituer afin de les soustraire au danger que représente leur mère.

    Il y a urgence, cela fait huit mois qu’il y a urgence.

   Il était quelque part logique que je fasse appel à "Enfance et Partage" (ce que j’ai déjà fait) mais ils ne peuvent pas grand chose tant que le divorce est en cours d’instruction. Pourtant il faut réagir vite (ce n’est pas le propre de la Justice). Je ne sais pas quoi faire pour enlever mes enfants des griffes de leur bourreau, je ne sais pas non plus quoi faire pour avoir le droit de revoir mon fils." 

Différend conjugal au Congo belge

Monsieur le Contentieux,

Par la présente, je viens sauter humblement sur vos genoux avec la disgrâce qui me caractérise et de porter à votre bienveillance si admirable pour savoir ce qui suit : mon épouse Thérèse, comme moi de race Mushi, s’est vue depuis quelque temps fricoter mystérieusement par Pascal Nindahurwa, commis Cobelmine. Ce sinistre individu, qui lui impose le coït quasi conjugal, possède en outre la turpitude d’être un Murega, c'est-à-dire fils de chien.
Hier soir, après un travail quotidien laborieux comme un greffier du tribunal secondaire de Ngweshe, m’étant réuni avec quelques soi-disant compagnons, pour boire cinq ou maximum 10 bouteilles de la bière, mes camarades me firent grossièrement quelques illusions délicates se rapportant à la conduite extra-conjugale de ma susdite épouse. Comme je rentrais subrepticement dans ma demeure pour y joindre la dite épouse, celle-ci ne m’accorde même pas le regard plus ou moins bienveillant. Dans la nuit, étendu à ses côtés et presque à la lueur des ténèbres, comme je fis une certaine tentative de rapprochement qui n’avait aucun caractère ambigu, Thérèse, dans un sursaut de la mauvaise humeur aussi incompréhensible qu’inexplicable, tourne brutalement le dos à mon ventre et m’abandonne prosterné dans une perplexité autant abusive.
Avec ce manque d’à propos qui est la caractéristique des femmes en général et de la mienne en particulier, elle commença à me parler de la situation politique de notre futur Etat indépendant du Congo Belge et de la fin de l’exploitation colonialiste promis par le CEREA de Weregemere. Je ne suis sans doute nullement adversaire de l’indépendance quand le moment approche dangereusement pour la relation sexuelle. C’est alors que je lui posai dans un brûlement-pour point la question concernant le Pascal. Elle nia d’abord, mais sous ma pression plus que virile, elle tomba ridiculement dans l’aveu le plus éphémère, dont il résulte que ce Murega, fils de chien, s’est introduit subrepticement dans sa chair virginale par le moyen de l’escalade et de l’effraction, fait prévu et sanctionné par le Code Pénal du Congo Belge. Il s’était jeté sur elle avec la fureur morbide et peut-être, je dirais même, lubrique, du taureau sauvage qui enfile la modeste colombe.
N’est-ce pas le fait dégradant par excellence qui est la négation proprement dite de toute civilisation chrétienne ?
Que diriez-vous, Monsieur le Contentieux, si un homme se ruait sur votre tendre épouse, si fidèle et si obéissante, comme un taureau lubrique égaré par le rut. Et si cet homme n’est même pas de votre race, si c’est un sale Flamand, vous en seriez au paroxysme de la colère la plus infecte et la plus abominable équivalente à celle de Moïse, ou d’un quelconque prophète descendant du Mont Sinaï en cassant les tables de la loi sur la gueule du veau d’or.
C’est pourquoi, le lendemain, j’ai plus ou moins cassé la gueule de Pascal qui déposa plainte pour coups et blessures auprès de l’Administration, qui sans même procéder à l’enquête éliminaire, me projeta dans la prison où je croupis misérablement sur la paille humide, comme notre grand Ministre et Sauveur National Patrice LUMUMBA.
Considérant que ce châtiment est injuste, parce que je suis cocu, le malheur n’est-il pas déjà assez grand pour qu’on me jette encore en prison, sans compter que le Pascal profitera encore largement de l’occasion pour troubler définitivement ma femme, jadis fidèle et maintenant adultère.
C’est pourquoi j’exige ma libération immédiate en me prosternant rigoureusement et respectueusement devant vos pieds.
Signé : votre dévoué Victor KIMBILI.

4/9/2009

L'horloge humaine

Avez-vous déjà vu ce type de montre ?

Cliquez ci-après :

http://billychasen.com/clock/ 


et l'heure est toujours exacte !
3/20/2009

Le choix

Les étudiants, avides de la Connaissance totale, arrivent par aérobus complets ou autojets personnels. C'est le jour de la rentrée tant attendue.

Tout comme leurs aînés, la même hâte de savoir anime les élèves de première année — tous âgés de quinze ans. Et pourtant, ceux-ci ont été préalablement mis en garde du peu d'intérêt immédiat de ces quatre mois d'études préparatoires à la Culture générale.

Les laboratoires se remplissent bruyamment, indice infaillible de l'ignorance et de l'immaturité de ces enfants. Au bout de trois années, il en sera tout autrement...

Et moi, je suis là, à mon bureau, écrivant ces lignes, la pilule de cyanure toute prête, à portée de la main.
   

* *

Pour remonter aux origines de ce qu'on appela alors la Révolution intellectuelle — par référence au terme fort impropre de «Révolution culturelle» apposé à certains phénomènes nationaux sporadiques dans les années soixante et soixante-dix du siècle dernier — il faut remonter en 1982, date à laquelle une équipe de chercheurs américains, la Borg System and Co, du nom de son principal animateur, délivra le fruit de dizaines d'années de travaux assidus, fastidieux mais exaltants par leurs perspectives.

Le rêve ancestral des encyclopédistes du XVIIIe siècle, qu'un individu puisse embrasser, seul, toutes les connaissances contemporaines, vieille chimère que l'on considérait depuis déjà longtemps comme définitivement et irrémédiablement ensevelie en raison de la multiplicité des sciences et de sa conséquence logique pour l'époque : la spécialisation, ce rêve, donc, se concrétisait enfin, entrait dans le champ des possibilités immédiates et à un degré de perfection défiant toute imagination antérieure.

Le principe de base à la recherche de la Borg System and Co était simple : concilier, combiner deux données, apparemment hétérogènes et incompatibles étant donné leur champ d'investigation respectif, la cybernétique et la mémoire. Jusqu'alors, les ordinateurs dépassaient en possibilités multiples d'efficacité, de rapidité, d'infaillibilité, le cerveau humain, mais celui-ci, en revanche, demeurait supérieur, car nécessaire et préalable à toute programmation.

De par cette nouvelle science, qui devenait dès lors LA Science, la Connaissance unique et totale, embrassant et éludant à la fois toutes les autres, le cerveau se muait en un ordinateur AUTONOME et ABSOLU.

Il paraît vain de rappeler ici la gigantesque querelle qui s'instaura sur le globe terrestre et ses colonies spatiales. Rapidement informée par les mass media qui procédèrent au plus grand «matraquage» de l'histoire, justifié par l'importance capitale de la découverte, la population se scinda spontanément en deux camps radicalement et violemment opposés ; il n'y eut pas d'indifférents, tant l'enjeu était considérable. Allions-nous demeurer partiellement ignorants et refuser l'omniscience qui nous était offerte, enfin possible et accessible à tous ?

Pour schématiser les forces en présence, les «scientifiques» s'opposèrent aux philosophes, aux artistes et surtout à tous les gens animés, plus ou moins consciemment, d'un esprit religieux, pour qui cette entreprise ambitieuse et sacrilège rivalisait avec Dieu. Quant aux artistes, philosophes, écrivains, en un mot les «humanistes», avec tout ce que ce mot désuet allait comporter de péjoratif, ils protestaient véhémentement au nom de la «nature humaine», de la liberté de l'individu, du droit à l'ignorance, de la poésie du mystère, de l'ineffable, du plaisir de la recherche et de la découverte personnelles, et bien d'autres raisons encore, qui furent toutes qualifiées d'archaïques et d'idéalistes.

De querelle, les choses en vinrent rapidement à l'affrontement direct, les passions s'échauffant. La guerre civile couva bientôt dans chaque pays, puis éclata. Même les pays totalitaires de tous bords n'échappèrent pas à ce raz de marée dévastateur, la poignée d'hommes qui détenaient le pouvoir ayant pris au nom de leur nation tout entière la décision — ou non — d'adopter et de généraliser la méthode d'enseignement préconisée par la Borg System and Co, et n'ayant pu retenir les masses de s'exprimer devant cette option cruciale de la civilisation.

Le chaos fut total, l'activisme devint règle quotidienne, et des émigrations d'une ampleur insoupçonnée s'organisèrent en masse. Ultime et grossière erreur, les gouvernements réprimèrent implacablement les opposants, «scientifiques» ou «humanistes», selon la tendance au pouvoir dans chaque pays. Le cycle de la violence instauré ne pouvait se résoudre que dans la fin tragique que l'on sait : nos déserts d'Eurasie et d'Amérique du Sud en, sont les vestiges.

Le but visé par la Borg System and Co fut lui-même dépassé, puisqu'on en arriva, à l'issue de la guerre, à notre gouvernement mondial actuel.

Et c'est ainsi que fut instauré et imposé le nouveau système d'enseignement, et que simultanément furent créés dans chaque ville les instituts préparatoires au Savoir, et les maisons du Savoir général.

Les quinze premières années de sa vie, l'enfant les passe à apprendre à lire et écrire, bien sûr, et se distrait à de nombreux jeux méticuleusement étudiés et préparés en vue d'éduquer sa mémoire, de la développer et d'en faire un instrument d'une monstrueuse quasi-infaillibilité.

Puis l'enfant est enfin prêt et autorisé à franchir les portes de la maison du Savoir. Le programme général des études est en lui-même très simple, et se déroule sur une période de trois années scolaires. La première se passe à APPRENDRE à APPRENDRE : les étudiants, durant les quatre mois de scolarité proprement dite, n'étudient que les codes, chiffres et lettres qui, dans un système défini, leur permettront ultérieurement d'acquérir la totalité des connaissances, sous une forme condensée au maximum que leur mémoire, constamment perfectionnée quinze ans durant, se prépare à emmagasiner à tout jamais, avec assiduité mais aisance.

Les deux années suivantes, elles, sont exaltantes : en seize semaines, les étudiants possèdent parfaitement la dernière mise au point en matière de sciences exactes, et, après huit mois de vacances utilisées à d'innombrables exercices de récapitulation et autres activités diverses, à nouveau quatre mois pour assimiler les sciences humaines, plus abondantes.

Ainsi, par exemple, pour un auteur donné, grâce à une mémorisation de deux minutes de phrases codées, n'importe qui est en mesure de citer la biographie et la bibliographie complètes de l'écrivain, les principaux jugements et critiques émis à son sujet, et, en bref, ce qu'il FAUT penser de l'œuvre. Il en est de même pour tel mouvement ou école littéraire, tel système philosophique, telle théorie économique, politique, psychanalytique, linguistique ou autre...

L'ennui ne vient qu'après.

Dès ses débuts, le système atteignit sa perfection. Toutes les querelles disparurent, la stabilité s'instaura dans tous les domaines et à tous les niveaux, car la hiérarchie fut maintenue.

Lorsque ces choses arrivèrent, j'avais passé la quarantaine. Comme tous les gens de ma génération, et des deux précédentes, je fus contraint de me «recycler». Mais j'eus quelques difficultés d'adaptation, et fus donc un mauvais élève. On m'a relégué depuis comme rétrograde et antisocial. Autour de moi, c'est la conspiration du silence et du mépris. Le silence ! Les gens mangent en silence, travaillent en silence, puis s'engouffrent dans les salles de spectacle ou se massent aux Divertissements publics. Toute communication est abolie, ayant perdu tout intérêt. Même les sentiments, les passions, les impulsions les plus secrètes ne peuvent être épanchés, puisque tout interlocuteur interprète immédiatement et infailliblement — du moins le croit-il — d'après les analyses psychanalytiques qui resurgissent automatiquement à son esprit.

Tout le monde sait tout ; aucun dialogue n'est plus possible (inutile et vain), sinon portant sur les sujets insipides et rituels des conditions atmosphériques et stratosphériques, de la santé corporelle et des orientations du dernier Plan, que l'on ne peut qu'approuver. En un mot, la Pensée en tant que telle, la pensée véritable, la pensée individuelle, spécifique, est proscrite, non parce qu'elle est interdite, ce qui serait bien moins tragique — lorsque j'étais jeune, avant la guerre, j'étais convaincu que toute liberté se conquiert — mais parce qu'elle est tout simplement devenue impossible ou se réduit à de stupides et dérisoires récitations mécaniques. Je n'ignore pas que ces lignes seront reproduites à des millions d'exemplaires, exposées à la risée de tous, comme ultime témoignage d'un déséquilibré, d'un anachronique dément, d'un maniaque antiprogressiste.

* *

De la pelouse où je suis maintenant assis, j'aperçois derrière le plexiglas les étudiants installés dans leurs laboratoires, écouteurs aux oreilles, lunettes-télévision aux yeux, préparant le terrain au venin de la Pensée universelle, dépersonnalisée et codifiée.

A tout cela, je préfère mon cyanure, car Je l'ai choisi. 

(Nantes, 1970)


L'école buissonnière

Chacun s'en retourna satisfait et ému : ce fut une très belle cérémonie. Rien n'y avait manqué, ni les costumes, les fleurs et la musique d'orgue, ni les éloges et les larmes d'attendrissement.

Il était une fois un petit garçon nommé Johnnikov, on ne savait pourquoi. Les parents de Johnnikov adoraient Johnnikov, et étaient fiers de leur petit garçon.

— Johnnikov ! Mais enfin, que fais-tu ? Tu vas être en retard ! ... Tu pourrais au moins répondre quand on t'adresse la parole, non ?... Ah ! Te voilà enfin ! Et ta veste qui est mal boutonnée ? Tu as pourtant mis le temps, et malgré ça tu trouves le moyen d'être habillé comme une cloche ! ... Es-tu muet ce matin? ... Tiens, tu m'énerves.

Et la brave maman, qui adore son petit Johnnikov, de délivrer sa première paire de gifles de la journée. Johnnikov, habitué, ne bronche pas et sort. La route jusqu'à l'école est longue.

Dans la grand-rue, son lacet s'étant délacé, Johnnikov se baisse pour relacer le lacet de sa chaussure. En laçant son lacet de chaussure, il aperçoit une pièce de un dolpeck. Son lacet relacé, Johnnikov étend la main pour ramasser le dolpeck. Se relevant, Johnnikov enfouit machinalement le dolpeck dans la poche droite de son pantalon, et n'y pense plus car son attention est alors attirée par la vitrine d'une agence de voyage qui exhibe de nombreux paysages ensoleillés. Le petit Johnnikov se prend à rêver.

Tout à coup, la rêverie du petit Johnnikov est violemment interrompue par une magistrale gifle en pleine figure. Le petit nez de Johnnikov se met à pleurer rouge et ses lèvres bourgeonnent.

“Rends-moi immédiatement ce dolpeck sale petit voleur! Je t’ai vu ! Ah ! On n’échappe pas ainsi à la justice ! Petit truand ! Je le dirai à ton papa et à ta maman ! Vaurien !”

Sur ces mots, le vieillard administre à Johnnikov une seconde gifle non moins magistrale que la première, et qui a pour effet d’envoyer Johnnikov buter contre une jeune dame qui passait sur le trottoir. Johnnikov gît maintenant à terre.

Le vieillard prend à témoin un ecclésiastique. L’homme en sombre s'approche de Johnnikov et le gratifie d’une magistrale paire de gifles sur la tête.

“Tu n'as pas honte, petit garnement ... de bousculer ainsi les jeunes dames. Petit mal élevé! Et ne regarde pas les jambes de la dame de cette façon ! Petit vicieux ! Cochon ! Qu'apprends-tu donc au catéchisme ? Ce n'est pas ainsi que tu gagneras ton Paradis, petit démon ! Damné !” vocifère l'homme de Dieu qui, en guise d'absolution, administre à Johnnikov une seconde paire de gifles non moins magistrale.

Johnnikov se retrouve le nez baignant dans une flaque de sang sur la route. Un petit attroupement de personnes indignées commence à se former. Invectives et injures fusent par-dessus la tête du vilain petit Johnnikov qui se relève péniblement.

Soudain, un coup de frein brutal strie l'air de la petite ville paisible et ordonnée, suivi d'un coup de klaxon rageur. Une voiture, au sortir d'une intersection, vient de s'arrêter juste aux pieds de Johnnikov. Un gardien de la paix, fort heureusement, arrive à ce moment-là. En guise de salutation, le gardien de la paix admoneste deux magistrales paires de gifles au petit Johnnikov, et se joignant au chauffeur, à la jeune dame, au vieillard, aux passants attroupés et à l'ecclésiastique, tance vertement Johnnikov : “Alors, petit gredin ! On encombre la voie publique ! On perturbe la circulation ! On gêne les gens, exprès pour les ennuyer! Sale petit voyou ! Tu sais où elles finissent, les mauvaises têtes dans ton genre ? A l'ombre !... D'ailleurs, à propos de prison, il est neuf heures et quart ; tu devrais être à l'école, futur blouson noir !” En guise d'exhortation, le gardien de la paix délivre à Johnnikov quatre magistrales paires de gifles.

Johnnikov, poursuivi par la meute, parvient tant bien que mal à l'école. Johnnikov doit s'appuyer quelques instants au mur avant que ses jambes n'acceptent d'entrer dans la classe, non sans qu'il ait au préalable frappé à la porte.

Le maître, qui par un heureux hasard se trouve près de la porte, voit arriver la brebis galeuse, chope Johnnikov aux oreilles, le roue de coups avant que le délinquant n'ait pu s'excuser et tenter d’expliquer son retard.

“Petit cancre ! On fait l'école buissonnière, maintenant ! Ah ! on ne veut pas s'instruire, apprendre, pour devenir un homme ! Chenapan ! Et regardez-moi dans quel état il est ! Car en plus, on s'est battu dans la rue ! Tiens, tiens, tiens! Attrape-ça !...”   

* * *

La sépulture fut une très belle cérémonie, très réussie. De nombreuses couronnes de fleurs blanches fleurirent sur le marbre, regrettant éternellement la douloureuse perte de ce cher petit Johnnikov adoré, qui aimait tant dormir et rêver.

(Nantes, 1970)

1/31/2009

Petit dictionnaire de patois vendéen

Chez nous, il ne pleut pas 
o mouille
Chez nous, il n'y a pas de rosée
mais de l'égaille
Chez nous, on ne souffle pas
on buffe
Chez nous, on ne ferme pas les portes à clé
on barre les portes
Chez nous, on ne fait pas la sieste
on fait la mariénnaïe
Chez nous, les gens ne sont pas méchants
le sont chti
Chez nous, il n'y a pas d'éclaboussure
mais o coti
Chez nous, il n'y a pas de mensonges
mais do mentries
Chez nous, il ne bruine jamais
o brimace
Chez nous, personne n'est ensorcelé
l'sont enjominaïe
Chez nous, on ne tombe pas à terre
mais on ché o bas
Chez nous, on ne mange pas de noix
mais do calais
Chez nous, il n'y a ni pie ni corbeau
mais do niaces et pi do groles
Chez nous, on n'a pas chaud
i sont achallé
Chez nous, on ne dit pas 'ou est-tu'
mais 'ou é to qu'té calé'
Chez nous, on n'est pas 'arrivé'
on est rendu
Chez nous, il n'y a pas d'haricot vert
mais do palettes o do gousses
Chez nous, il n'y a pas de poireau
mais de la poraïe
Chez nous, on ne voit pas d'éclair
mais do zéloises
Chez nous, le ciel ne s'assombrit pas
mais le s'abernazie
Chez nous, les chattes ne sont pas en chaleur
mais en maraö
Chez nous, on ne serpille pas le carrelage
mais on since la piace
Chez nous, ça ne grésille pas
mais o gerseuille
Chez nous, on ne tappe pas
mais on chacotte
Chez nous, on ne travail pas le bois pas
mais on chapuze
Chez nous, on ne range pas l'entonnoir
mais on serre l'ouillette
Chez nous, les enfants ne sont pas à courir
mais les droles sont d'épavent
Chez nous, il n'y a pas de groupe
mais do gueroué
Chez nous, les bébé ne pleure pas
mais les papots braillent
Chez nous, on dit pas un homme grand
mais on dit une grande cheneuille
Chez nous, on ne s'est pas cogné
mais on a burqué
Chez nous, on a pas de nombril
mais y avons do nomboureils
Chez nous, il ne bruine pas
mais o brimace
Chez nous, les routes ne sont pas sinueuses
mais à vircouettes
Chez nous, on est pas fatigué
mais y sont aguenit
Chez nous, on est pas groggy
mais y sont ébabouné
Chez nous, on ne persiste pas
mais on aricote
Chez nous, les enfants ne jouent pas à la balle
mais les droles jouant à la ballote
Chez nous, les insectes ne bourdonnent pas
mais o vezoune
Chez nous, on ne traîne pas la jambe
mais on tire la rale
Chez nous, on ne suce pas ses doigts
mais on suppe sé dés
Chez nous, la tête ne tourne pas
mais a viroune
Chez nous, on ne connait pas les verres de terre
Mais y c'nusson les lachés.
Chez nous, on ne dort pas
Mais le dormis nous empougne.
Chez nous, il n'a pas roté
Mais la ruquer.
Chez nous, la coquille de noix ne flotte pas
Mais la gobasse de calai bale.
Chez nous, on n'étend pas le linge
Mais on éparre les gueneilles.
12/26/2008

Brèves de comptoir.

Ma femme peut pas me quitter, je suis jamais là !

A la naissance le nain est normal, c'est en grandissant qu'il rapetisse.

ça m'inquiète de prendre la voiture bourré mais en ce moment, j'ai pas le choix : je suis tout le temps bourré.

Ce qui ne va pas dans la société, c'est les gens.

En moto, tu peux boire plus qu'avec la voiture, le vent ça dessoûle.

Faudrait lui passer la cervelle au Kärcher tellement il est con.

Il a perdu son taxi parce qu'il buvait trop. Maintenant il est chauffeur de car en Bretagne.

Il faudrait qu'à l'auto-école on apprenne à conduire bourrés. On apprend bien la conduite sur glace.

J'étais ivre mort et j'ai pas pris ma bagnole. C'est bien, non ?

Je n'achète rien quand c'est fabriqué par des enfants du tiers-monde, ça se casse tout de suite.

Je serais chercheur, moi je saurais pas quoi chercher.

Je suis chômeur occasionnel et en ce moment c'est l'occasion.

Je suis le plus grand auteur maudit, j'ai jamais écrit une ligne.

L'apéritif concert, j'y vais pour la musique parce que de l'apéritif j'en ai à la maison.

La forme de l'eau, on la sait quand ça gèle.

Le mariage des pédés, ça va obliger le pâtissier à poser des pédés sur le gâteau.

Le naturisme, sur le dépliant c'est des jeunes filles à poil sur la plage mais quand tu y es, c'est que des retraités de la SNCF.

Les livres, j'aime pas le sujet.

Les peintures de Lascaux on trouve ça génial, mais si ça se trouve à l'époque personne en voulait chez lui.

Quand on voit ce que consomment les bagnoles, c'est pas un exemple pour les chauffeurs.

Quand tu tues ta femme, c'est pas la peine de prendre la fuite, elle va pas te courir après.

Si c'est toi qui décides de boire, c'est pas comme un microbe. Si c'est le microbe qui décide, c'est une maladie.

Tant qu'elle est pas ouverte, l'huître sait pas qu'elle est dans la cuisine avec des gens qui la regardent.

Une journée sans voiture ! t'as vu le bordel ? des embouteillages partout ! dans ce cas-là, qu'ils fassent une journée sans pognon !

Y faudrait un distributeur d'apéros dans le mur pour quand ça ferme, pareil que les banques.
12/25/2008

Une journée à l'Ambassade de France au Nyamangwa

Vous êtes troisième secrétaire à l’Ambassade de France au Nyamangwa.

 5h 30 : Vous êtes réveillé par des coups de feu et des tirs de roquettes dans les quartiers nord de la ville.

 6h 15 : Vous constatez que le groupe électrogène de votre résidence, qui tourne sans interruption depuis deux semaines (il n’y a en effet jamais de courant dans le quartier que vous habitez) a rendu l’âme. Vous tentez vainement de le réparer sous l’oeil goguenard de votre gardien.

 7h 15 : Dans l’impossibilité, faute de courant, de faire monter l’eau dans la citerne installée sur votre toit, vous vous lavez dans le jardin avec le filet d’eau qui sort du tuyau d’arrosage. Votre petit-déjeuner se réduit à un Fanta tiède et à deux papayes.

 8h 00 : Alors que vous vous dirigez vers l’Ambassade, la population locale vous salue au passage par des quolibets choisis, des insultes variées, des crachats et des jets de pierres. A quelques mètres de la chancellerie, un fonctionnaire de police vous arrête pour infraction à un code de la route qui n’existe même pas à l’état de tradition locale, dans le but manifeste d’obtenir de vous un pot-de-vin. Vous brandissez votre passeport diplomatique mais, constatant que votre interlocuteur, analphabète, se fait menaçant et pointe son arme sur vous, vous préférez céder.

 8h 30 : Arrivant à l’Ambassade, vous vous frayez un chemin parmi la foule bigarrée et vociférante des demandeurs de visas et, parvenu jusqu’à votre bureau, vous prenez connaissance de la presse locale, laquelle annonce principalement que « le sous-secrétaire d’Etat à l’Equipement s’est rendu dans la province du Bas-Ngwazo afin d’encourager les masses populaires enthousiastes à poursuivre l’édification du Nyamangwa démocratique ». Conformément aux consignes de l’Ambassadeur, qui exige que le correspondance du poste augmente chaque année de 20% par rapport à la production de l’année précédente, vous vous apprêtez à rédiger une dépêche circonstanciée.

 9h 00 : Le Chiffreur vous remet la collection des télégrammes. Le Département vous demande d’effectuer, le jour même et au plus haut niveau, une démarche afin d’obtenir que le Nyamangwa soutienne la candidature de M. Linconnu, universitaire français, à la présidence de l’Office international de Protection des Vers à Soie. Votre télégramme demandant une pièce destinée à réparer le système de climatisation de l’Ambassade reste, en dépit de nombreux rappels, sans réponse.

 9h 30 : Vous tentez avec acharnement de joindre le Ministère nyamangwais des Affaires étrangères, mais vous vous apercevez que les communications sont systématiquement coupées au bout de quelques secondes. Vous vous y rendez alors avec votre propre véhicule (la voiture du poste étant utilisée exclusivement par l’épouse de l’Ambassadeur). Vous êtes reçu après une attente interminable par un obscur collaborateur du chef-adjoint du protocole, lequel vous indique d’un ton suffisant que vous ne pouvez voir aucun fonctionnaire du Ministère des Affaires étrangères sans avoir pris un rendez-vous un mois à l’avance.

 11h 30 : Plus matinal que de coutume, l’Ambassadeur arrive à l’Ambassade et, après avoir vidé une demi-bouteille de Johnny Walker en se plaignant du climat particulièrement émollient du Nyamangwa, convoque la réunion hebdomadaire. Il traite le vice-consul de « con dangereux », rappelle à l’Attaché culturel que le séjour au Nyamangwa ne le dispense pas, à sa connaissance, du port de la cravate et s’étonne que l’épouse de l’Attaché commercial se soit crue autorisée à bouder le thé organisé deux jours auparavant par son épouse.

            Puis il vous demande de signifier au chiffreur que celui-ci est sommé de se rendre de toute urgence à la Résidence pour réparer la chaîne hi-fi en panne depuis la veille, avant de se lancer dans une description détaillée de quelques hauts faits accomplis lors d’un séjour au Tonkin de mars à septembre 1947, suivie d’une réflexion fort intéressante sur l’administration du territoire des pillards Regibat de Mauritanie, assortie d’un éloge ému des nombreuses qualités des femmes de cette tribu.

 13h 45 : L’Ambassadeur lève la séance en caressant pensivement le revers de son veston, sur lequel s’étiole une rosette arrachée de haute lutte à l’indifférence de ses concitoyens ; puis, convié par son collègue belge (le seul dont il comprenne la langue) à un week end prolongé au bord de la mer, vous abandonne à votre sort pour quatre jours.

 14h 00 : Alors que vous vous apprêtez à quitter l’Ambassade, le sieur Lembrouille, citoyen français réfugié au Nyamangwa à la suite de démêlés avec la justice française et ci-devant co-propriétaire du bar de nuit « Le Pigall’s », se présente au consulat dans un état proche du coma éthylique et exige la délivrance immédiate d’un visa de long séjour sur le passeport flambant neuf de Marie-Félicité Kado, prostituée notoire qu’il présente comme sa future épouse. Le vice-consul ayant refusé d’obtempérer, il s’en suit un échange de propos assez vifs, M. Lembrouille traitant le fonctionnaire de « pauvre merdeux de gratte-papier, trop content de bouffer avec l’argent des contribuables », le vice-consul traitant M. Lembrouille de « loque sidaïque et bougnoulisée ».

            Les deux protagonistes en viennent aux mains. Alerté par leurs cris, vous séparez les combattants et priez M. Lembrouille de quitter le consulat. Il s’exécute de mauvaise grâce, non sans avoir annoncé qu’il ne manquera pas de porter l’affaire à la connaissance du Département (ce qu’il fera, naturellement, en prenant soin de réduire l’incident à une version très personnelle).

 14h 30 : Votre groupe électrogène n’ayant toujours pas été réparé, vous prenez votre courage à deux mains et partez déjeuner au restaurant « Chez Slimane». Vous commandez un plat de riz et un poisson, avec lequel vous jugez prudent cependant de ne pas faire plus ample connaissance. Vous vous préparez à entamer votre troisième papaye de la journée, lorsque le garde de sécurité vient vous avertir que le jeune Lepaumé, VSNA, a été arrêté par la police alors qu’il se trouvait en possession de 500 grammes de haschisch et de 2500 dollars, produit d’un change parallèle effectué avec un opposant au régime en place.

 15h 00 : Vous chargez aussitôt le vice-consul de prêter assistance au jeune Lepaumé (lequel risque une condamnation à la peine capitale) et d’entamer, muni de substantiels pots-de-vin, des négociations avec les fonctionnaires de la police et de la justice nyamangwaise. Le garde ne parvenant pas, pour des raisons techniques, à faire partir le télégramme que vous vous êtes empressé de rédiger à l’intention du Département, vous saisissez votre talkie-walkie pour appeler le chiffreur ; celui-ci , propriétaire fort endetté d’une résidence princière en cours de construction dans son village natal, habite par mesure d’économie dans un bidonville situé à une vingtaine de kilomètres du centre-ville.

La liaison étant perturbée par un vent de sable intempestif –à moins que ce ne soit la présence de nombreux bâtiments en dur entre l’Ambassade et le domicile du chiffreur- vous décidez de vous rendre personnellement chez lui.

15h 35 : Entrant dans le gourbi du chiffreur, vous surprenez celui-ci en compagnie de trois beautés locales, dont la plus âgée paraît n’avoir pas encore atteint douze ans et, après vous être répandu en excuses, le priez d’interrompre sa sieste et de rejoindre l’Ambassade.

16h 30 : Le chiffreur renonce à passer votre télégramme immédiat, la transmission étant rendue impossible par des difficultés de propagation. Un sentiment diffus d’abandon vous étreint momentanément.

17h 00 : Le vice-consul vous fait savoir que le jeune Lepaumé, qui s’étonne de ne pas bénéficier de l’immunité diplomatique, sera vraisemblablement condamné à la prison à perpétuité pour trafic de stupéfiants et détention illégale de devises. Vous songez à cet instant que votre emploi du temps pour les trois mois à venir – le temps d’obtenir l’expulsion de l’intéressé- est largement rempli. Vous n’en retirez cependant aucun sentiment de satisfaction.

 17h 25 : Vous regagnez votre résidence et constatez que votre stock de denrées périssables est décongelé et donc voué à une putréfaction rapide. Les trois gouttes d’eau brûlantes qui s’échappent de votre tuyau d’arrosage ne vous permettant guère de procéder à vos ablutions, vous vous contentez de changer de chemise et vous apprêtez à représenter la France à un cocktail offert par le Ministre de l’Information du Nyamangwa en l’honneur du 10ème anniversaire de l’entrée de son pays dans l’«Union des Riverains de l’Ulele ».

 18h 30 : Au cours de la réception, les membres du corps diplomatique se répandent en commentaires peu élogieux sur la vie quotidienne au Nyamangwa et déplorent, en citant moult anecdotes savoureuses, l’incompétence et l’incurie du personnel de maison local. Alors que vous tentez désespérément d’accéder au buffet, votre collègue chinois – qui parle couramment les cinq langues vernaculaires du Nyamangwa mais ne sort pratiquement jamais de son ambassade – s’acharne pour obtenir de vous les informations que vous pourriez éventuellement détenir sur la tournée effectuée dans la province du Bas-Ngwazo par le sous-secrétaire d’Etat à l’Equipement, événement qui, relaté dans la presse, serait significatif d’après lui de l’évolution politique du Nyamangwa. Vous vous débarrassez de l’importun en l’interrogeant sur le rôle de la Chine dans le processus de réunification allemande.

 19h 40 : Vous quittez la réception après avoir réussi à vous emparer d’une poignée de cacahuètes grillées et regagnez l’Ambassade. Vous y trouvez la secrétaire de l’Ambassadeur, robuste quinquagénaire, extrêmement déprimée par le départ de sa collègue de la Croix-Rouge, à laquelle elle était, semble-t-il, très attachée. Malgré les consolations que vous lui prodiguez, elle quitte l’Ambassade en larmes et annonce que « quelque chose pourrait bien lui arriver bientôt et plus vite qu’on ne le pensait », précisant que « de toute façon, tout le monde s’en foutait ». Après avoir brièvement consulté les instructions relatives au rapatriement des Français décédés, vous vous mettez en quête d’un endroit pour dîner.

 20h 05 : Assis à la table du « Tropical », vous dégustez des beignets de papaye frits dans l’huile de vidange du garage voisin, tandis que les décibels du dernier succès de Michael Jackson déferlent dans la salle. Entrepris par une créature stéatopyge qui vous gratifie d’un sourire vénérien auquel il manque quelques dents, vous lui déclarez que vous avez à peine de quoi payer votre repas. Elle se retire à contre-cœur, non sans avoir mis en doute votre virilité. Un lépreux lui succède, qui vous fait regretter amèrement les beignets que vous venez d’engloutir.

Vous sortez en titubant du « Tropical » et êtes aussitôt assailli par une meute hurlante de gamins qui, s’agrippant à vos vêtements, prétendent avoir gardé votre voiture et exigent le paiement de leurs services. Vous les dispersez à coups de poing, avant d’entrer dans votre véhicule (dont la serrure vient d’être forcée) et de démarrer sous une pluie de pierres.

21h 20 : Alors que vous entrez dans votre rue, plongée dans l’obscurité, vous manquez de forcer un check-point qui vient d’y être installé. Croyant votre dernière heure arrivée, vous éteignez vos phares, allumez en hâte le plafonnier et sortez les mains en l’air de votre véhicule. Tandis que les soldats surexcités s’apprêtent à vous abattre sans tarder, le chef de l’escouade, dont l’haleine empeste l’alcool, appuie doucement le canon de son revolver sur votre tempe et commence un interrogatoire auquel vous ne comprenez goutte.

Vous vous montrez persuasif et, en gage de bonne volonté, vous faites présent à votre interlocuteur de votre montre, de votre briquet, de vos cigarettes, de votre pneu de secours et de tout l’argent liquide que vous avez par-devers vous. Vous parvenez ainsi à tempérer les ardeurs meurtrières du chef de l’escouade et, profitant des discussions animées qui surgissent à l’occasion du partage du butin, vous vous esquivez sans demander votre reste.

22h 05 : Arrivé chez vous, vous allumez non sans mal une lampe à pétrole et videz votre dernière bouteille de gin pour vous remettre de vos émotions. Une douce torpeur vous envahit peu à peu et, bercé par les tirs de roquettes qui reprennent dans les quartiers nord et couvrent le bourdonnement des moustiques assoiffés de sang, vous sombrez dans un sommeil peuplé de songes. Vous voyez apparaître dans le lointain des zodiacs de la Marine Nationale qui, ondulant sur les flots bleus de la mer infinie, viennent vous arracher providentiellement à une résidence dont vous regrettez déjà l’indemnité…

Commande de pizza en 2015.

(George Orwell voyait juste).


Voilà à quoi pourrait ressembler la commande d'une pizza en 2015, ou les dérives
de l'interconnexion des données informatiques :

Standardiste :
- Speed-Pizza, bonjour.
Client :
- Bonjour, je souhaite passer une commande s'il vous plaît.
Standardiste :
- Oui, puis-je avoir votre NIN, Monsieur ?
Client :
- Mon Numéro d'Identification National ? Oui, un instant, voilà, c'est le
6102049998-45-54610.
Standardiste :
- Je me présente je suis Habiba Ben Saïd. Merci Mr Jacques Lavoie. Donc, nous
allons actualiser votre fiche, votre adresse est bien le 174 avenue de Villiers
à
Carcassonne, et votre numéro de téléphone le 04 68 69 69 69. Votre numéro de
téléphone professionnel à la Société Durand est le 04 72 25 55 41 et votre
numéro
de téléphone mobile le 06 06 05 05 01.
C'est bien ça, Monsieur Lavoie ?
Client (timidement):
- oui !!
Standardiste :
- Je vois que vous appelez d'un autre numéro qui correspond au domicile de
Mlle
Isabelle Denoix, qui est votre assistante technique. Sachant qu'il est
23h30 et
que vous êtes en RTT, nous ne pourrons vous livrer au domicile de
Mlle Denoix que
si vous nous envoyez un XMS à partir de votre portable en
précisant le code
suivant : AZ25/JkPp+88
Client :
- Bon, je le fais, mais d'où sortez-vous toutes ces informations ?
Standardiste :
- Nous sommes connectés au système croisé, Monsieur Lavoie
Client (Soupir) :
- Ah bon !.... Je voudrais deux de vos pizzas spéciales mexicaines.
Standardiste :
- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, Monsieur Lavoie.
Client :
- Comment ça ???...
Standardiste :
- Votre contrat d'assurance maladie vous interdit un choix aussi dangereux
pour
votre santé, car selon votre dossier médical, vous souffrez d'hypertension
et d'un
niveau de cholestérol supérieur aux valeurs contractuelles. D'autre part,
Mlle
Denoix ayant été médicalement traitée il y a 3 mois pour hémorroïdes, le
piment
est fortement déconseillé.
Si la commande est maintenue la société qui l'assure risque d'appliquer une
surprime.


Client :
- Aie ! Qu'est-ce que vous me proposez alors ?...

Standardiste :
- Vous pouvez essayer notre Pizza allégée au yaourt de soja, je suis sûre que
vous
l'adorerez.

Client :
- Qu'est-ce qui vous fait croire que je vais aimer cette pizza ?

Standardiste :
- Vous avez consulté les 'Recettes gourmandes au soja' à la bibliothèque de
votre
comité d'entreprise la semaine dernière, Monsieur Lavoie et Mlle Denoix
a fait,
avant hier, une recherche sur le Net, en utilisant le moteur
'_
http://www.moogle.fr <http://www%20%20.moogle.fr/> <http://www.moogle.fr/
<http://www.moogle.fr/> > <http://www.moogle.fr/ <http://www.moogle.fr/> >'_
avec
comme mots clés soja et alimentation.
D'où ma suggestion.

Client :
- Bon d'accord. Donnez-m'en deux, format familial.

Standardiste :
- Vu que vous êtes actuellement traité par Dipronex et que Mlle Denoix prend
depuis 2 mois du Ziprovac à la dose de 3 comprimés par jour et que la pizza
contient, selon la législation, 150 mg de Phénylseptine par 100 g de pâte, il
y a
un risque mineur de nausées si vous consommez le modèle familial en moins
de 7
minutes. La législation nous interdit donc de vous livrer.
En revanche, j'ai le feu vert pour vous livrer immédiatement le modèle mini.

Client :
- Bon, bon, ok, va pour le modèle mini. Je vous donne mon numéro de carte de
crédit.


Standardiste :
- Je suis désolée Monsieur, mais je crains que vous ne soyez obligé de payer
en
liquide. Votre solde de carte de crédit VISA dépasse la limite et vous avez
laissé votre carte American Express sur votre lieu de travail. C'est ce
qu'indique
le Credicard Satellis Tracer.

Client :
- J'irai chercher du liquide au distributeur avant que le livreur n'arrive.

Standardiste :
- Ça ne marchera pas non plus, Monsieur Lavoie, vous avez dépassé votre
plafond de
retrait hebdomadaire.

Client :
- Mais ?... Ce n'est pas vos oignons! Contentez-vous de m'envoyer les pizzas !
J'aurai le liquide. Combien de temps ça va prendre ?

Standardiste :
- Compte-tenu des délais liés aux contrôles de qualité, elles seront chez
vous
dans environ 45 minutes. Si vous êtes pressé, vous pouvez gagner 10 minutes
en
venant les chercher, mais transporter des pizzas en scooter est pour le moins
acrobatique.

Client :
- Comment diable pouvez-vous savoir que j'ai un scooter ?

Standardiste :
- Votre Peugeot 408 est en réparation au garage de l'Avenir, par contre votre
scooter est en bon état puisqu'il a passé le contrôle technique hier et qu'il
est
actuellement stationné devant le domicile de Mlle Denoix. Par ailleurs,
j'attire
votre attention sur les risques liés à votre taux d'alcoolémie. Vous
avez, en
effet, réglé quatre cocktails Afroblack au Tropical Bar, il y a 45
minutes. En
tenant compte de la composition de ce cocktail et de vos
caractéristiques
morphologiques, ni vous, ni Mlle Denoix n'êtes en état de
conduire. Vous risquez
donc un retrait de permis immédiat.

Client :
- @#%/$@& ?# !

Standardiste :
- Je vous conseille de rester poli, Monsieur Lavoie. Je vous informe que notre
standard est doté d'un système anti-insultes en ligne qui se déclenchera à la
deuxième série d'insultes. Je vous informe en outre que le dépôt de plainte est
immédiat et automatisé. Or, je vous rappelle que vous avez déjà été condamné en
juillet 2009 pour outrage à agent.

Client (sans voix) :
- .

Standardiste :
- Autre chose, Monsieur Lavoie ?

Client :
- Non, rien. Ah si, n'oubliez pas le Coca gratuit avec les pizzas,
conformément à
votre pub &nbs p;

Standardiste :
- Je suis désolée, Monsieur Lavoie, mais notre démarche qualité nous interdit
de
proposer des sodas gratuits aux personnes en surpoids. Cependant, à titre de
dédommagement, je peux vous consentir 15 % de remise sur une adhésion flash au
contrat Jurishelp, le contrat de protection et d'assistance juridique de Speed
assurance. Ce contrat pourrait vous être utile, car il couvre, en particulier,
les
frais annexes liés au divorce.
Vu que vous êtes marié à Mme Claire Lavoie née Girard depuis le 15/02/2008 et vu
votre présence tardive chez Mlle Denoix, ainsi que l'achat il y a une heure à la
pharmacie du Canal d'une boîte de 15 préservatifs et d'un flacon de lubrifiant à
usage intime.
À titre promotionnel, je vais faire joindre aux pizzas un bon de 5 euros de
réduction pour vos prochains achats de préservatifs valable chez
Speed-Parapharma.
Toutefois veuillez éviter les pratiques susceptibles d'irriter les hémorroïdes de
Mlle Denoix, pour lesquelles Speed-Parapharma se dégage de toute responsabilité.
Bonsoir, Monsieur, et merci d'avoir fait appel a Speed Pizza.


3/31/2007

Le patrimoine culturel vendéen.

"Du moulin au pain"

Après les films " De la mine au four ", qui racontait l'histoire du passé minier de la région de Chantonnay, et "Du four au moulin", celle des fours à chaux, va naître un troisième film : "Du moulin au pain", qui sera la dernière partie de la trilogie.

"Du moulin au pain" devrait voir le jour sur les écrans vendéens mi-2007 et sera composé de deux parties :

- une partie documentaire traitera de l'histoire des moulins à eau et à vent d'hier et d'aujourd'hui, ainsi que de leur avenir puisque bon nombre d'entre eux produisent encore de la farine. La filière céréales sera aussi abordée : on y verra toutes les étapes depuis le semis de blé jusqu'à la fabrication du pain en 2005 .

- une partie fiction avec acteurs et figurants adaptée, d'un roman de Valentin Roussière ( écrivain , photographe du milieu du XXème siècle ) : "Jetée de Galerne" est le nom de ce roman . Il raconte l'histoire des Moulins des Bois, situés entre Saint-Martin des Noyers et Sinte-Cécile, en passant par le Mont des Alouettes . L'histoire est tournée sur les Communautés de Communes de Chantonnay, des Essarts, de Sainte Hermine, de la Châtaigneraie et des Herbiers.

" Ce sera l'occasion pour de nombreux Vendéens de découvrir leur histoire au travers de ce film à une époque où les seules sources d'énergie étaient celles de la traction animale, du vent et de l'eau. Toute une vie sociale et économique était basée autour des moulins ", souligne Luc Brusseau, le réalisateur.

La coordination générale du projet est assurée par l'AVAM ( Association des Moulins de Vendée), dont le Président Yves Ruel se réjouit par avance d'une telle mise en valeur des moulins de Vendée : " En tant qu'association départementale, nous ne pouvions pas rester en dehors d'une telle réalisation , ce sera pour nous l'occasion de montrer que les moulins ne sont pas qu'une richesse du passé, mais qu'ils fonctionnent encore pour la plupart. "

www.dumoulinaupain.free.fr

luc.brusseau@wanadoo.fr

3/26/2007

Renaud VIGNAL : adieu, l'Ami !


Né le 18 avril 1943.

Chevalier de la Légion d'honneur, Officier de l'ordre national du mérite
Licencié en droit, diplômé de l'Institut d'études politiques,
ancien élève de l'École nationale d'administration, promotion «Jean Jaurès», 1969.

Ministre plénipotentiaire hors classe.

A l'École nationale d'administration, 1967-1969;
Affaires africaines et malgaches), 1969-1971;
Deuxième Secrétaire au Caire, 1971-1974;
Affaires économiques et financières, centre d'analyse et de prévision, 1974-1975;
Premier Secrétaire à Washington, 1975-1977;
Affaires économiques et financières, 1977-1979;
Information et presse, délégué dans les fonctions de sous-directeur, 1980-1981;
Chargé de mission auprès du Ministre délégué, chargé de la coopération et du développement, 1981-1982;
Directeur du Cabinet, septembre-décembre 1982;
Consul général de France à Québec, 1983-1987;
Ambassadeur de France à Victoria (Seychelles), 1987-1989;
Ambassadeur de France à Bucarest (Roumanie), 1990-1993;
Ambassadeur de France à Buenos Aires (Argentine), 1993-1997;
Directeur d'Amérique, puis Directeur des Amériques et des Caraïbes, 1998-2001;
Ambassadeur de France à Abidjan (Côte d'Ivoire), avril 2001-janvier 2003;
Ambassadeur de France à Jakarta (Indonésie), 2003-2006;
Membre du Conseil des Affaires étrangères, décembre 2006.


Décédé le 22 mars 2007...


Adieu, l'Ami !
Nous ne t'oublierons jamais.


3/10/2007

Quelques référencements


http://www.tourisme-africa.com/Madagascar

http://www.madagascar-contacts.com

http://decouverte.francite.com

http://decouverte.francite.com/admin/fr/admin.asp?url=RolandoBrejon&email=stirner

3/8/2007

Nos hommes politiques sont de grands penseurs.



"Quand le moment est venu, l'heure est arrivée" (Raymond Barre).

"Même en avion, nous serons tous dans le même bateau" (Jacques Toubon).

"La droite et la gauche, ce n'est pas la même chose" (Pierre Mauroy).

"Voici que s'avance l'immobilisme et, nous ne savons pas comment l'arrêter" (Edgar Faure)

"Saint Louis rendait la justice sous un chêne. Pierre Arpaillange la rend comme un gland" (André Santini).

"Les socialistes aiment tellement les pauvres qu'ils en fabriquent" (Jacques Godfrain).

"Je me demande si l'on n'en a pas trop fait pour les obsèques de
François Mitterrand.
Je ne me souviens pas qu'on en ait fait autant pour
Giscard." (André Santini).

"La meilleure façon de résoudre le chômage, c'est de travailler" (Raymond Barre).

"Il est plus facile de céder son siège à une femme dans l'autobus qu'à l'Assemblée nationale" (Laurent Fabius).

"Villepin fait tout, je fais le reste" (Renaud Muselier).

"Cette semaine, le gouvernement fait un sans faute; il est vrai que nous ne sommes que mardi" (François Goulard).

"Il doit bien rester un angle de tir pour la paix" (Bernard Kouchner).

"Mamère Noël est une ordure" (Michel Charasse).

"La moitié du nuage d'ozone qui sévit dans la région parisienne est d'importation anglaise et allemande" (Roselyne Bachelot).

"C'est l'union d'un postier et d'une timbrée" (Dominique Strauss-Kahn, à propos de l'alliance LO-LCR).

"A mon âge, l'immortalité est devenue une valeur-refuge" (Valéry Giscard d'Estaing, reçu à l'Académie Française).

"Je ne suis candidat à rien" (Nicolas Sarkozy).

"C'est un texte facilement lisible, limpide et assez joliment écrit :
je le dis d'autant plus aisément
que c'est moi qui l'ai écrit"
(Valéry
Giscard d'Estaing au sujet du projet de Constitution Européenne).

"C'est une bonne idée d'avoir choisi le référendum, à condition que la
réponse soit oui"
(Valéry Giscard d'Estaing au sujet du projet de
Constitution Européenne).

"Si Bush et Thatcher avaient eu un enfant ensemble, ils l'auraient appelé Sarkozy" (Robert Hue).

"J'étais partisan du non, mais face à la montée du non, je vote oui" (Manuel Valls).

"Que l'on soit pour ou contre la Turquie, on ne pourra pas changer l'endroit où elle se trouve" (Michel Barnier).

"Les veuves vivent plus longtemps que leurs conjoints" (Jean-Pierre Raffarin).

"Le pétrole est une ressource inépuisable qui va se faire de plus en plus rare" (Dominique de Villepin).

"Même quand je ne dis rien, cela fait du bruit" (Ségolène Royal).


 

2/15/2007

JE CROIS AU SERVICE PUBLIC.


Lire "service public" et non "fonctionnaire"
.

Fonctionnaire, c'est quoi?

D'accord, ils font grève; d'accord, on les considère comme des feignasses, mais un fonctionnaire c'est quoi ?

Réponses:

Une infirmière (celle qui vous fera votre toilette quand vous serez incontinent et plus, privé de couches culottes).

.
Un policier (celui qui vous protégera contre les « sauvageons » qui viennent abîmer les jolies voitures privées).

Un conducteur de TGV (celui qui vous emmène dans votre villégiature privée pour pas très cher et sans danger).

Un agent des impôts (celui qui fait fonctionner l'Etat grâce à cet argent que le privé a tant de mal à gagner).

Un facteur (celui qui amène chez vous, au bout de la France, les colis privés des cadeaux de Noël de Papy et Mamy).

Un prof (celui qui vous permet d'apprendre gratuitement ce que vous mettrez en pratique dans le privé).

Une institutrice (celle qui mouche vos chers bambins privés et reçoit les insultes publiques).

Un juge (celui qui gérera votre divorce privé).

Un pompier (celui pour qui la devise est « sauver ou périr » et qui périra pour sauver votre vie privée et votre maison privée perdue en plein maquis avec un branchement et un kwh EDF au même prix).

Un agent de la sécu (celui qui se fera chier dans un bureau pour vous rembourser vos tranquilisants privés).

Un agent des Assedic (celui qui fera avancer votre dossier de chômage quand le privé vous aura foutu dehors).

Un technicien EDF (celui qui remettra le courant pour que vous regardiez vos DVD privés après la tempête).

Une sage femme (celle qui ne se prive pas de galérer pour faire naître vos futurs cadres privés).

Un directeur d'hôpital (celui qui se bat pour soigner gratuitement votre surmenage privé).

Encore le métro (celui qui vous emmène 365 jours par an à vos soirées privées et vous ramène même quand vous êtes bourré).

L'organisateur de la fête de la musique (le con qui organise votre petite soirée sympa du 21 juin).

Et bien sûr, tous les sans grade, qui ramassent vos ordures, nettoient les parcs, améliorent les forêts, recherchent de nouvelles technologies, transportent votre nourriture la nuit quand vous dormez (encore le train), font tourner les centrales électriques, aiguillent les avions, organisent les élections, donnent à manger dans les cantines scolaires, plantent des fleurs dans les villes, font des émissions de télé, vous donnent la météo (aux avions privés et aussi, et surtout, aux marins privés !).

...Alors, maudissez-les, injuriez-les, rejetez-les ! Mais quand du service public vous serez privé... alors là, vous pleurerez.

VIVE LE SERVICE PUBLIC A LA FRANÇAISE !

1/28/2007

Pensées de COLUCHE

Les amis vont et viennent, les ennemis s’accumulent.

Si l’amour est aveugle, il faut palper.

Si la femme était bonne, Dieu en aurait une. Si elle était de confiance, le diable n’aurait pas de corne.

Certains hommes aiment tellement leur femme que, pour ne pas l’user, ils se servent de celle des autres.

Pire qu’une pierre dans la chaussure est un grain de sable dans une capote !

Si un jour tu te sens inutile et déprimé, souviens-toi : un jour, tu étais le spermatozoïde le plus rapide de tous.

Les chefs sont comme les nuages : quand ils disparaissent, il fait un temps magnifique !

La hiérarchie, c’est comme une étagère, plus c’est haut, plus c’est inutile.

Ton futur dépend de tes rêves. Ne perds pas de temps, va te coucher.

L’Amour, c’est comme la grippe : on l’attrape dans la rue, on la résout au lit.

Les hommes mentiraient moins si les femmes posaient moins de questions.

Pour éviter d’avoir des fils ou des filles, faîtes l’amour avec votre belle-sœur, vous n’aurez que des neveux.

Tous les champignons sont comestibles, certains une fois seulement.

Soyez gentils avec vos enfants, car ce sont eux qui choisiront votre hospice.

1/13/2007

Nous sommes devenus vieux

C'EST TELLEMENT VRAI !...

A tous ceux et celles qui pensent encore être jeunes, et bien NON !

Beaucoup d'étudiants qui sont entrés cette année à l'université sont nés en 1986 (l'année de la mort de Coluche).

Ils n'ont jamais chanté "we are the world, we are the children" ou "ça, c'est vraiment toi", ni entendu parlé du smurf.

Pour eux, le sida et le chômage ont toujours existé. Les Twix ne se sont jamais appelés Raiders (2 doigts coupe-faim) et les M&Ms ne se sont jamais appelés Treets (fond dans la bouche pas dans la main).

Et ils ne sont pas au courant du licenciement abusif de Grosquik à cause de son embonpoint, remplacé par un ridicule lapin sur les paquets de Nesquik.

Et ils n'ont jamais joué à la console Atari, au Commodore 64, au CPC 128 d'Amstrad. Ils ne connaissent même pas Pac Man. Ils n'ont jamais vu de disquettes 5 pouces 1/4.

Ils te rient au nez quand tu leur dis que les premiers PC n'avaient pas de disque dur et que les écrans n'avaient qu'une couleur.

Le CD est apparu quand ils avaient à peine un an et ils n'ont jamais eu de 45 tours de Chantal Goya ou de mange-disques.

Ils ne savent pas ce que c'est que d'écouter la radio à grandes ondes, ignorent comment étaient les anciens téléviseurs et ne peuvent pas expliquer comment on faisait sans télécommande et comment on pouvait regarder la TV en noir et blanc.

Ils n'ont jamais vu de mire sur un écran télévision. Ils ignorent totalement qui est Candy, le Prince d'Euphor et même le danger que représente un Golgoth.

Ils croient que James Bond a toujours été Pierce Brosnan, ils ne pensent pas aux dents de la mer quand ils se baignent.

Ils croient que les pattes d'éph sont une invention des années 2000 et que le téléphone avec fil est un objet de science fiction, que le minitel est seulement un objet de déco rétro.

Pour eux, les patins à roulettes ont toujours eu des roues alignées et Mickaël Jackson a toujours été blanc.

Ils ne te croient pas quand tu leur dis que Yannick Noah a été un joueur de tennis avant, et qu'il a gagné Roland Garros 3 ans avant leur naissance.

Ils ignorent que Fonzie est le mec le plus cool de la Terre.

Ils savent que Giscard est un ex, mais un ex-quoi ?

Ils se foutent littéralement de ta gueule quand tu leur expliques, pendant qu'ils jouent à la Playstation 2, que tu t'amusais autant avec ton Télécran.

Alors dis-toi que ces gens qui sont rentrés à l'université cette année... Ce sont EUX les Jeunes maintenant !!!

Voici quelques symptômes de ton vieillissement :

- tu comprends le texte ci-dessus et tu souris en te disant "Putain de merde, mais c'est vrai en plus".

- tu te rends compte quand tu lis les journaux qu'une bonne partie des gens du show biz sont plus jeunes que toi.

- les enfants te disent maintenant madame ou monsieur et te vouvoient.

- t'es obligé(e) de ranger ton linge toi-même.

- tu ne vas pratiquement plus au Mac Do.

- tu penses que le France-Allemagne du Mondial 82 a été beaucoup plus marquant que la victoire de 98 (si tu es de sexe masculin, parce que sinon t'as pas trop d'avis sur la question).

- tu vas à la plage mais tu peux passer toute la journée sans te baigner. Si tu vas te baigner, tu penses toujours à rentrer ton ventre.

- tu trouves qu'on offre vraiment beaucoup de cadeaux aux enfants aujourd'hui par rapport à ce que t'avais à l'époque.

- tu as besoin d'une journée entière pour te remettre d'une soirée bien arrosée (si-si, avoue-le).

Après avoir lu cet e-mail, tu décides de l'envoyer à d'autres amis VIEUX en te disant qu'il n'y a pas de raison qu'ils n'aient pas aussi une petite déprime comme toi, en pensant au temps qui passe...

Allez, au revoir ami VIEUX !

Allez, encore un coup de vieux.

La VIEILLESSE, c'est quand :

- faire l'amour dans une voiture est absurde.

- il y a plus de nourriture que de boissons alcoolisées dans ton frigo.

- 6 heures du matin est l'heure à laquelle tu te lèves, et non plus celle à laquelle tu te couches.

- ta musique préférée passe dans l'ascenseur.

- tu as toujours un parapluie dans la voiture et tu regardes les prévisions météorologiques.

- tes amis se marient et divorcent.

- jeans et T-Shirts ne sont plus considérés comme des vêtements pour tous les jours.

- t'endormir dans le canapé donne un putain mal de dos.

- tes vacances sont passées de 130 jours/an à 25.

- tu vas à la pharmacie acheter de l'aspirine et des anti-acidités, au lieu d'aller acheter des préservatifs et des tests de grossesse.

- tu prends un petit déjeuner à l'heure du petit déjeuner.

- tu ne bois plus seul chez toi avant de sortir, pour économiser de l'argent.

- tu ne fais plus de nuits blanches parce que c'est trop fatiguant.

Et, le plus important ... tu lis ce mail et tu cherches désespérément un signe qui ne s'applique pas à toi et, pour te venger, tu envoies ce mail à tes amis pour que eux aussi, ils se rappellent qu'ils sont vieux.

1/10/2007

Aphorismes

Etant donné qu'un politicien ne croit jamais en ce qu'il dit, je suis surpris que d'autres puissent le croire (Charles de Gaulle).

Les préjugés occupent une partie de l'esprit et en infectent tout le reste (Nicolas Malebranche).

Le moyen de plaire en société est de laisser chacun parler de soi (Arthur Schopenhauer).

Si l'on veut bien y regarder de plus près, toute philosophie n'est que le sens commun traduit en langage amphigourique (Wolfgang von Goethe).

Albert Einstein (1879 - 1955)

 

La théorie, c'est lorsqu'on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est lorsque tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent agir et qui refusent d'intervenir.

La science sans la sagesse est comme une mise à la loterie. On risque de perdre tout ce qu'on a investi.

La vie, c'est comme une bicyclette : il faut sans cesse avancer, sans s'arrêter, pour ne pas perdre l'équilibre.

Je ne pense jamais au futur. Il viendra bien assez vite...

L'imagination est plus importante que le savoir. On peut tout savoir et ne rien faire tandis qu'avec l'imagination on peut tout faire.

Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais, pour l'univers, je n'ai pas la certitude absolue.

S'il fallait un jour que les forêts disparaissent, l'homme n'aurait plus que son arbre généalogique pour pleurer.

Il est plus difficile de détruire un préjugé qu'un atome. Malheureusement, les progrès de la science sont souvent comme une hache dans les mains d'un criminel pathologique.

L'éducation c'est ce qui reste lorsqu'une personne a oublié ce qu'elle a appris à l'école.

J'ignore quelles seront les armes de la troisième guerre mondiale, mais je suis sûr que celles de la quatrième guerre mondiale seront des frondes et des pierres.

Tout homme qui prétend pouvoir interpréter et enseigner les choses de l'au-delà doit être la risée des dieux...

1/5/2006

Nostalgie (notre enfance, en France, dans les années 50 et 60).

En regardant en arrière, c’est dur de croire qu’on ait réussi à survivre si longtemps.

Lorsque nous étions enfants, nous nous promenions en voiture sans ceinture de sécurité ou d’airbags pour nous protéger.


Nos chambres étaient peintes de couleurs vibrantes au plomb et nos maisons étaient isolées à l’amiante.


Il n’y avait pas de couvercle de sécurité sur les bouteilles de médicaments et de produits toxiques ni de serrure sécuritaire sur les armoires.


Et lorsque nous partions faire un tour à vélo, on le faisait sans casque.


On allait tout seul en ville chercher le pain, le lait dans un broc en aluminium à peine fermé.


On buvait même de l’eau directement des tuyaux d’arrosage. Quelle horreur !


On se faisait des petites voitures (caisses à savon) avec des vieux patins à roulettes et des planches en bois pleines d’échardes et on se laissait aller dans les descentes, sur le trottoir bordant la Nationale, pour s’apercevoir trop tard qu’on avait oublié de mettre les freins. Après être rentrés dans les buissons ou les clôtures à quelques reprises, on solutionnait le problème.


On quittait seul la maison tôt le matin pour aller à pied à l’école et on revenait souvent au moment où les lampadaires de la rue s’allumaient.


Imaginez donc, pas de téléphones portables, personne ne pouvait nous joindre de la journée.


On mangeait des gâteaux secs, du pain et du beurre et nous n’étions pas obèses… Il faut dire que nous jouions presque toujours à l’extérieur.


On buvait souvent à quatre ou cinq dans la même bouteille et il n’y a jamais eu de décès à cause de ça.


On jouait à des jeux dangereux et souvent on se faisait mal. On grimpait dans les arbres, on enjambait les murs des voisins. Parfois il y avait des chutes, avec des coupures et des os cassés, mais personne n’était blâmé. C’était l’apprentissage de la vie.


Parfois, on se battait entre nous, on avait des bleus, mais on apprenait à passer par-dessus.


On n’avait pas de Nitendo 64, de Playstation 2 ou X Box, sans compter les jeux vidéos ou même les 99 canaux de la télévision, les magnétoscopes, les ordinateurs personnels, etc. etc..


Mais nous avions des amis et si nous voulions les voir, tout ce qu’on avait à faire, c’était sortir et se rendre chez eux ; sonner et entrer pour pouvoir leur parler. Imaginez ça, sans même demander la permission à nos parents ! Comment faisait-on tout ça, sans gardien, dans ce monde cruel ?


On inventait des jeux, avec des bâtons et des balles de tennis, on mangeait toute sortes de choses, mais contrairement à ce qu’on nous disait, rarement quelqu’un perdait un œil ou était infecté par un virus.


Certains écoliers n’étaient pas aussi futés que les autres. Parfois, ils manquaient leur année et devaient redoubler. Les classes et les examens n’étaient pas encore ajustés pour compenser les différences, qu’elle qu’en soit la raison.

 

Nos actions étaient les nôtres. Nous en supportions personnellement les conséquences. Personne pour nous cacher. L’idée de se faire protéger par nos parents si nous commettions une infraction était impensable. D’ailleurs nos parents étaient du côté de l’autorité, n’est-ce pas effrayant ?

 

Mais cette génération a produit les meilleurs preneurs de risques, solutionneurs et inventeurs. Les dernières cinquante années ont été une explosion d’innovations et d’idées nouvelles. On avait la liberté, la responsabilité de nos succès, ainsi que celle de nos défaites. Le plus important, c’est qu’on a appris à vivre avec tout ça.

Nous avons eu la chance de grandir avant que les avocats et les gouvernements se mettent à réglementer nos vies… 

 
Lists
<style>.grad {font-size:8px;filter:progid:DXImageTransform.Microsoft.Gradient(GradientType=1,StartColorStr='#9999FF',EndColorStr='#FFFFFF');} span.uu td,span.uu a {text-align:center;font-size:8px;font-family:Arial;color:#6666FF;text-decoration:none;}</style><span class="uu"><table cellspacing="0"><tr><td bgcolor="#9999FF"><a href="http://www.refmarketing.com" style="font-size:9px;color:#333333;">referencement</a></td></tr><tr><td class=grad><a href="http://www.m-sonneries.com">sonneries</a> <a href="http://www.secrets-du-casino.com">casino</a> <a href="http://www.une-sonnerie.com">sonnerie</a><br><a href="http://www.credit-perso.info">credit</a> <a href="http://www.gratuit-referencement.com">referencement gratuit</a></td></tr><tr><td bgcolor="#9999FF"><a href="http://www.bestannu.com" style="font-size:9px;color:#333333;">BestAnnu</a></td></tr></table></span>